Résumé : |
La littérature peut-elle expliquer ou même prédire la politique ? Dans la cas de la Somalie, la langue a toujours été considérée comme un bien politique. De ce constat, on peut retracer l'histoire de ce pays par l'étude des ses écrivains et poètes.
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, trois périodes sont identifiées. La première phase est liée au "somalisme", c'est à dire à la construction nationale. La création littéraire est alors mise au service de la politique étatique et assure la promotion d'une identité commune. Puis, dans les années quarante, l'exploitation de l'allégorie de la chamelle, Maandeeq ("celle à l'esprit généreux"), symbolise l'éloignement de la littérature envers un état de plus en plus corrompu et répressif. Enfin, dans un pays déchiré par la guerre civile, les écrivains ne trouvent la force de s'exprimer que par l'imaginaire et dans une langue étrangère, notamment l'anglais. |