Résumé : |
"Ils ont tué Bruno MANSER". C'est le titre de la postface. L'auteur y explique que le Suisse Bruno MANSER, né en 1954 et "disparu" en 2001, a été son principal modèle pour créer le personnage principal de Chaman. Celui-ci, Judik KERVANEC, missionnaire envoyé pour évangéliser au Laos une peuplade isolée du monde, devient, à son contact, chaman itinérant puis réussit, en France, sa thèse d'anthropologie. Plus tard, comme Bruno MANSER, il part au Sarawak, la partie malaisienne de Bornéo où les grandes sociétés forestières internationales trompent les populations locales de chasseurs-cueilleurs, les Penan, pour les déposséder de leurs terres. Le roman évoque d'une part la puissance de l'arbre et la richesse de la biodiversité et, d'autre part, le bonheur des chasseurs-cueilleurs vivant en harmonie avec leur environnement. Sur ce double plan, les méfaits de la mondialisation sont décrits dans toute leur horreur : la destruction de la nature et l'ethnocide vont de pair. Les aventures romanesques sont elles-mêmes significatives : ceux qui se rapprochent des populations victimes le font pour des raisons personnelles liées à des liens de parenté ou à des sentiments individuels : admiration, respect, amitié, amour. Par contre, aucune institution du monde occidental - que ce soit dans sa version capitaliste ou sa version communiste -, fort de son sentiment de supériorité, ne se mobilise pour empêcher cette catastrophe écologique, culturelle et humaine. |