Résumé : |
Après une décennie d'espoir entre 1986 et 1996, Haïti est retombé dans la désespérance. Jean-Bernard Aristide et le mouvement qui l'avait porté au pouvoir ont fortement déçu tous ceux qui s'étaient engagés, comme l'auteur, auprès des Haïtiens, dans leur marche vers plus de justice. Pour comprendre d'où vient ce "naufrage d'un projet collectif", l'histoire doit être revisitée. Depuis 1804, date de la fin de la guerre d'indépendance victorieuse menée par les esclaves noirs contre les forces armées françaises envoyées pour rétablir l'ordre colonial et l'esclavage, Haïti a été puni. Le nouvel Etat a été mis "en quarantaine et en coupe réglée par l'Ancien et le Nouveau Monde, unis pour l'empêcher d'exister en tant qu'Etat ; ensemble, ils ont maintenu une société coloniale jusqu'au XXIème siècle". Après le coup d'Etat de 1991 et trois ans d'exil, Aristide a compris que les Américains n'accepteraient son retour en Haïti qu'à la condition qu'il abandonne son programme de réformes en composant avec les élites et leurs mercenaires, traditionnels amis et complices des Etats-Unis. |