Résumé : |
La politique d'immigration dépend de trois pouvoirs : relationnel, décisionnel et encadrement. La parcellisation des tâches déresponsabilise les agents de la chaîne bureaucratique. Cela évite toute possibilité de négociation. L'essentiel se joue à la préfecture de l'autre côté du guichet. Les chefs de bureau, "agents intermédiaires", construisent une véritable jurisprudence bureaucratique, chaque fois qu'une demande nécessite d'adapter la législation. Bouleverser de fond en comble la vie des étrangers qu'ils reçoivent, tel est l'ordinaire des agents de l'immigration. Ils en retirent le sentiment d'être investis d'un certain pouvoir, renforcé par le fait qu'il s'exerce sur des individus connaissant rarement leurs droits. Eviter tout dialogue est l'une des méthodes de mise à distance. Le travail d'explication de la procédure s'avère en effet incompatible avec la "nécessité d'être efficace". |