Résumé : |
L'auteur, ingénieur agronome et directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme, fait un parallèle entre l'idéologie scientiste et l'idéologie cléricale. Toutes deux ont des postures qui peuvent conduire à des dérives et leurs modes de gouvernance excluent la démocratie. Le scientisme n'est donc pas propre à la science, il est l'expression au sein des institutions de recherche d'une tentation cléricale récurrente en histoire. Le cléricalisme, c'est fondamentalement une posture d'autorité intellectuelle qui dégénère, tôt ou tard, en imposture sociale. L'auteur a d'abord "enquêté", afin de collecter les nombreux indices témoignant de la reproduction à l'égard de la recherche et, au sein de la recherche, d'un rapport au savoir et aux institutions scientifiques calqué sur le modèle inventé par le christianisme romain de l'Antiquité tardive. Dans un deuxième temps, il expose ce qui, selon lui, est l'origine et la substance du cléricalisme, et la manière dont un usage abusif du mot "science" en a permis son retour dans nos sociétés modernes. Dans la troisième partie, l'auteur analyse les raisons qui poussent les sociétés à susciter des formes de cléricalisme. Enfin, des mesures à prendre sont proposées pour "arrimer" la recherche à la démocratie, et conjurer la tentation cléricale en dehors, comme à l'intérieur de la recherche. La recherche scientifique, si elle veut continuer à produire un discours fiable sur le monde, fait désormais face à un défi intellectuel de taille : le renouvellement profond de ses méthodes. Cette révolution marque le crépuscule du scientisme en tant que projet intellectuel pour appréhender et domestiquer le monde. L'auteur conclut en présentant le scientisme comme une doctrine autoritaire et totalitaire, qui fige et réifie la science. |