Résumé : |
L'auteur ethnologue présente une synthèse de ses connaissances sur un peuple qui constitue la trame de l'histoire de Djazirat el Maghreb (l'île du couchant). Les Berbères sont les descendants des empires méditerranéens et de toutes les migrations nomades venues des plateaux du Moyen-Orient, rassemblant des populations sédentaires ayant en commun la culture de céréales nourricières. Au fil des siècles, ces plus anciens habitants d'Afrique du Nord se sont regroupés dans les bastions montagneux pour se protéger des occupants successifs du Maghreb (phéniciens, romains, arabes, turcs et français) et ont occupé une douzaine de régions : Kabylie et Aurès en Algérie, Rif et Atlas au Maroc, Matmata et Djerba en Tunisie, Sahara (avec les Ksours et Touaregs) et sud de la Libye. Les langues berbères, probablement d'origine orientale, ne sont pas un facteur d'unité culturelle ni de cohésion sociale car les différents dialectes ne sont pas comprises d'une région à l'autre. C'est pourtant à l'originalité de leur langue considérée comme "barbare" (étrangère en égyptien ancien) que les Berbères doivent leur nom. L'unité des peuples berbères tient surtout à leurs valeurs claniques, qui définissent l'organisation sociale et politique transfrontalière. Convertis à l'islam par les missionnaires soufis, ils ont développé une pratique religieuse austère, en réaction contre la corruption des khalifes orientaux, tout en conservant leurs rites ancestraux pour honorer la fécondité des femmes et de la terre. |