Résumé : |
Pour préparer son film "La machine de mort khmère rouge", Rithy Panh a eu de longs entretiens avec Kaing Guek Eav dit Duch, responsable du centre de torture et d’exécution S21, dans Phnom Penh, de 1975 à 1979, ainsi qu’avec des gardiens, des tortionnaires, exécuteurs, photographes, etc. Tous sont libres de parler et dire la vérité. Rithy Panh veut que tous les criminels parlent et nomment le mal. Ils disent en riant : "Le prisonnier est comme un bout de bois, il n’a aucun droit. Il est moitié homme, moitié cadavre. Ce sont des animaux sans âme. On n’a pas peur de leur faire du mal". Quand on demande à Duch s’il fait des cauchemars la nuit, après avoir vu des tortures toute la journée, il réfléchit puis répond "Non" en baissant les yeux. Plus tard, il rit encore en regardant le film. Après la chute de Phnom Penh, les prisonniers ont reçu l’ordre de creuser de fosses. On ne saura jamais combien ils étaient. Ils ont été exécutés. Les Khmers ont planté du manioc et des cocotiers qui ont mangé les corps et leurs souvenirs. On ne peut voir dans la déportation de Phnom Penh que le début de l’extermination du "nouveau peuple" (capitalistes, féodaux, fonctionnaires, classes moyennes, intellectuels, professeurs, étudiants) selon la définition même de Duch. Cette déportation préfigurait le plan d’ensemble mondialement connu aujourd'hui. |