
Depuis l'arrivée de Xi Jinping au poste de secrétaire général du Parti communiste chinois et sa prise de fonction en tant que dirigeant de la République populaire en 2013, la Chine aura connu un nouveau tournant de son histoire caractérisé par l'affirmation de la puissance économique acquise durant les deux décennies précédentes. Cette affirmation de puissance passe par un mouvement de contre-libéralisation sur le plan interne et d'expansion géopolitique au niveau externe. La répression de la minorité Ouïghoure se trouve à la frontière exacte de ces deux mouvements : le renforcement du pouvoir central et l'utilisation de tous les moyens les plus modernes de la technologie pour identifier les non-Han et les "rééduquer" a lieu dans la région du Xinjiang qui constitue le sas terminal des Routes de la soie, ce grand projet de reconquête des réseaux d'Asie centrale pour sécuriser l'approvisionnement du pays le plus énergivore du monde. La sinisation des périphéries de l'empire est une tradition de l'histoire chinoise, le régime communiste y ajoute la persécution religieuse. Le premier article du dossier traite de la question de la définition des actes de violence qui ont traversé le Xinjiang et de la tendance à qualifier de terrorisme religieux des mouvements de révolte urbaine mus par un sentiment d'injustice sociale. Le second article évoque le problème des confessions forcées obtenues dans les camps de "rééducation" chinois destinés aux Ouïghours, obligés de reconnaître leurs "erreurs idéologiques" comme le fait de ne pas se considérer comme "chinois", d'avoir des habitudes "non civilisées" et des croyances extrémistes. Le troisième article étudie la manière dont le Parti communiste chinois a su mobiliser des acteurs spécifiques et un contenu de propagande adapté dans le travail du front uni en Turquie pour façonner le débat public et les affaires relatives au Xinjang. On utilise des acteurs politiques locaux et leurs réseaux médiatiques ainsi que les hommes d'affaires ou les étudiants. Le quatrième et dernier article pose la question difficile d'une possible similitude entre la République de Xi Jinping et le Troisième Reich d'Hitler. L'auteur montre que si les deux régimes appartiennent à la même catégorie du "national socialisme" qui priorise la nation au nom d'une exigence sociale nourrie par un désir de revanche contre les agresseurs du passé, la comparaison reste trompeuse comme le montre l'usage différent du camp de concentration, instrument d'élimination physique d'un côté et d'extermination culturelle de l'autre.
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Exemplaires (1)
Code-barres | Cote | Support | Localisation | Disponibilité |
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19223 | CM Monde Chinois N°62 | autres textes imprimés | 34 - CDTM (Montpellier) | Disponible |