Résumé : |
Les auteurs se posent les questions suivantes : les migrations sont-elles une réponse universelle à une situation de crise, la crise n'est-elle pas la réponse universelle à la migration ? Ils partent du principe que les migrations créent la diversité et qu'elles sont génératrices de nouveautés. Elles doivent être considérées non comme une entité statique, figée, mais comme un processus dynamique qui est la caractéristique des systèmes complexes. Les origines des migrations sont les guerres, les politiques arbitraires, les tyrannies purificatrices, les catastrophes naturelles, les démographies galopantes qui poussent les hommes et les sociétés à conquérir d'autres espaces que les leurs. Les réfugiés de la violence représentent certainement les migrants qui vivent la rupture la plus évidente parce que leur patrie les a brutalement rejetés. Toutefois ce n'est que le pouvoir en place, que chacun espère temporaire, qui les rejette. Dans un système ouvert et complexe, la migration peut, dès lors, constituer un facteur structurant. Elle peut être un élément de la construction de l'identité du groupe ou du fonctionnement d'une société. Il faut souligner que toute population résulte d'un ensemble complexe de flux migratoires dont les migrants réels ou mythiques structurent l'histoire. Le phénomène migration-rupture aligne les difficultés de fonctionnement d'une société en état de cassure créée tant par ceux qui partent que ceux qui restent. Ainsi, "préparer demain" nécessite des changements fondamentaux dans nos visions du monde politique, économique et social autant que dans notre mode d'exploitation des ressources naturelles. Les relations entre les hommes sur la planète en dépendent. |